"Top Dogs" peut être considérée comme une satire sociale. La pièce critique les mécanismes du capitalisme de manière ironique, voire absurde. Le licenciement occupe le centre de l'intrigue à travers des personnages symboliques, caricaturés. Ces anciens cadres dirigeants, affectés par la perte de leur emploi, ont du mal à accepter leur situation. Ils sont obsédés par le travail et font preuve d'une aliénation envers leur vie privée et eux-mêmes. Etrangers à toute humanité,  ils sont prisonniers d'un système qui les a rejetés.

 

         Les méthodes du cabinet d'outplacement, grotesques et comiques, s'opposent à la situation dramatique des personnages. La pièces aborde la question de la souffrance psychologique dans le monde moderne et se veut un reflet déformé de la condition difficile des chômeurs. Le spectateur est donc invité à réfléchir à l'entreprise et à la place de l'humain dans l'économie. 

         Critique par Alianna (www.lecture-ecriture.com/8134)

           "Top Dogs" nous plonge au cœur de la réalité professionnelle de nos jours, plus précisément au cœur de cette triste réalité qu'est le chômage. Or, ici les chômeurs n'appartiennent pas à la catégorie socioprofessionnelle à laquelle nous penserions tout de suite "les "bas-salaires", mais il s'agit de managers de haut niveau, de décideurs, d'"alphas", de "top dogs" donc.

            Six anciens cadres supérieurs et une formatrice se retrouvent dans les locaux d'une agence de "outplacing" entendez par là une agence de reconversion chargée de leur redonner de la confiance et de les réinsérer dans le monde du travail. Ils vont  suivre un stage qui parodie la thérapie de groupe comprenant confessions personnelles, écoute de l'autre, jeux de rôle, improvisations, expression corporelle et même de conseils d'ordre vestimentaire...

             Essayant de sauvegarder les apparences au début de leur réunion, le vernis des ppersonnages craque au fur et à mesure des différents exercices auxquels il sont soumis; Leurs attitudes et discours de décideurs cèdent la place à l'aveu du désespoir. La vision que chacun a de soi-même en prend un méchant coup ! Se croyant irremplaçables, tous découvrent qu'ils ne représentent en vérité qu'une toute petite roue dans un grand engrenage ; que malgré l'importance que l'on peut avoir au sein de son entreprise, on n'est  pas à l'abri de l'arbitraire de l'économie de marché. 

              Le toit est volontairement tiré vers le grotesque par l'auteur qui cherche ainsi à empêcher le spectateur de s'identifier avec les personnages (un peu comme chez Brecht); Contrairement à eux qui restent obnubilés par leur malheur et la honte qu'ils éprouvent, le spectateur doit aiguiser son oeil critique pour pouvoir comprendre ce qui ne tourne pas rond dans cet univers impitoyable qu'est le monde des entreprise.

          

              Il est vrai que la pièce n'est pas très complexe ni très difficile à comprendre pour le plus grand nombre, mais elle est efficace, et en cela, l'auteur atteint son objectif.

 

 

Traduction Daniel BENOIN

"L'Arche est éditeur

et agent théâtral du texte

représenté"

www.arche-editeur.com

Le Théâtre du Souffle

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